
NouveauSanté mentale24 octobre 20265 min de lecture
Prévenir la rechute dépressive : peut-on agir avant que les symptômes ne réapparaissent ?
Peut-on réduire le risque de rechute dépressive grâce à un programme associant pleine conscience et stratégies cognitives ? Une nouvelle étude menée auprès de 500 femmes enceintes révèle des résultats encourageants et souligne l'importance de développer des ressources psychologiques avant que les difficultés ne réapparaissent.
Une question importante
Lorsqu'une personne a déjà traversé un épisode dépressif, une question importante se pose : comment réduire le risque de revivre une période similaire ?
Une nouvelle étude publiée le 20 octobre 2026 dans The Lancet Public Health apporte des résultats encourageants concernant la prévention des rechutes dépressives pendant la grossesse et après l'accouchement.
Les chercheurs ont suivi 500 femmes enceintes ayant des antécédents de dépression récurrente. Une partie des participantes a bénéficié d'un programme numérique de huit séances associant pleine conscience et stratégies issues des thérapies cognitivo-comportementales, en complément de leurs soins habituels.
Les résultats montrent que 33 % des participantes ayant bénéficié du programme ont connu une rechute dépressive, contre 44 % dans le groupe recevant uniquement les soins habituels. Cette différence correspond à une diminution relative du risque de rechute d'environ 26 % selon l'analyse temporelle réalisée par les chercheurs.
Pourquoi ces résultats sont-ils intéressants ?
L'un des aspects importants de cette recherche concerne les compétences développées pendant le programme.
Les participantes apprenaient notamment à reconnaître les premiers signes d'une dégradation de leur humeur, à observer leurs pensées sans nécessairement s'y identifier et à répondre à l'autocritique avec davantage de bienveillance.
Le programme abordait également les moyens de demander du soutien et de préparer des réponses adaptées aux premiers signes de difficulté.
Ces stratégies illustrent une dimension essentielle de l'accompagnement psychologique : la prévention peut commencer avant que les difficultés ne deviennent envahissantes.
Ce que nous pouvons en retenir
En psychologie, nous avons parfois tendance à nous concentrer sur les difficultés lorsqu'elles sont déjà présentes.
Pourtant, apprendre à reconnaître ses propres signaux d'alerte, identifier les situations de vulnérabilité et développer des stratégies adaptées peut également faire partie d'un travail psychologique préventif.
Cette étude souligne aussi l'intérêt potentiel des outils numériques pour rendre certaines interventions plus accessibles.
Il convient néanmoins de préciser que ces résultats concernent spécifiquement des femmes enceintes ayant des antécédents de dépression. Le programme était proposé en complément des soins habituels, et la majorité des participantes poursuivaient un traitement antidépresseur. Il ne s'agit donc pas d'une démonstration selon laquelle la pleine conscience pourrait remplacer un traitement médical.
À retenir : prendre soin de sa santé psychologique ne consiste pas uniquement à réagir lorsque les difficultés apparaissent, mais aussi à développer des ressources pour mieux reconnaître et anticiper les périodes de vulnérabilité.
Source
Dimidjian, S. et al. (2026). « Outcomes of Mindful Mood Balance for Moms, online mindfulness-based cognitive therapy for perinatal depressive relapse prevention in the USA: a two-arm, single-blind, pragmatic randomised clinical trial ». The Lancet Public Health, 20 octobre 2026.
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